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L’ASTROPHOTOGRAPHIE
SIMPLEMENT
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Je fais de l’astronomie
depuis 1981 et ai commencé avec une lunette Paralux 60/700 que j’ai
encore. Aussi à notre époque où le GPS et le GOTO sont rois, je pense
qu’il est nécessaire de rappeler que l’astronomie peut aussi se
pratiquer simplement.
D’abord se promener dans l’espace sidéral
comme ça juste pour voir, est un LUXE que je prends souvent quand je n’ai
pas le temps ou l’envie d’installer la monture équatoriale pour faire
de longues observations voire des photos. Pour moi l’astronomie n’est
pas juste le fait d’être derrière un écran d’ordinateur qui pilote
le télescope, mais bel et bien le rapport physique de l’œil à l’oculaire.
Il ne faut pas oublier ce luxe, et surtout ce plaisir. Bien sûr cela doit
être agréable de boire un café pendant que la ccd poursuit seule son
étoile guide plutôt que d’être gelé pendant le suivi au
réticule ! Mais bon, ce sont deux choses très différentes !
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Lorsque je ne
fais pas de photos en suivi donc, j’aime partir avec juste un pied et
mon appareil à la chasse de phénomènes intéressants. En pratique, le
pied photo se doit d’être stable, donc lourd et solidement
confectionné afin d’éviter toutes les petites vibrations si gênantes
en astro. L’appareil photo est équipé de la pose B, ces deux
conditions réunies suffisent à permettre des clichés plus que
convenables. |
Au début et
sans expérience, on arrive très facilement à des résultats
impressionnants de beauté en rapport à l’investissement. Ainsi, la
classique circumpolaire est toujours aussi magique même si il n’y a
rien de plus simple à réaliser. |

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Aussi
intéressant et simple ; poser l’appareil photo et laisser filer
avec une pellicule couleur. Quelle agréable surprise de s’apercevoir
que nos étoiles sont bel et bien colorées. Tout cela est déjà très
éducatif, à la portée de tous et est selon moi le premier pas vers la
sensibilisation astronomique. |

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Après ces
expériences simples, toute personne désireuse de continuer abordera l’astronomie
sous un autre angle. Ce ne sera plus du « hasard » mais une
envie, un besoin , des tâtonnements qui en feront un astronome amateur
qui petit à petit construira sa méthode de travail. |
Ensuite de la méthode !
C’est après quelques observations et photos
que je me suis mis à prendre des notes sur mes temps de pose. En effet
même si on pense ne pas oublier tel paramètre de prise de vue, on s’aperçoit
rapidement que la pose de 10 secondes n’était peut être pas celle qu’on
croyait faussant ainsi toute exploitation future des clichés. Je me suis
donc confectionné une fiche de prise de notes pour le terrain afin
de ne rien oublié, puis une autre pour la mise au propre (sans l’humidité)
afin de noter tout renseignement intéressant pour d’autres
observations . Ainsi en fonction des objets photographiés (
magnitude, dimension…) de la sensibilité du film utilisé, non
seulement je gagne un temps précieux mais aussi de la pellicule car avec
cette méthode je ne refais pas deux fois la même erreur de prise de vue.
Ces déductions par rapport aux grilles précédentes me permettent donc
des résultats quasi certains quant à la bonne exposition, je fais
cependant toujours un ou deux clichés autour de « mon point
idéal » en sur et sous exposant l’image. |
MÉTHODE DU CACHE OBJECTIF CONTRE LES VIBRATIONS
Bien connue, cette méthode d’une
simplicité déconcertante est aussi d’une efficacité redoutable. Elle
consiste à déclencher alors que l’objectif est obstrué, après
quelques secondes d’attente, les vibrations dues au relevage du miroir
de l’appareil photo disparaissent et l’on peut à loisir laisser la
lumière imprimer notre pellicule. Dans le sens inverse, afin d’éviter
un bougé désagréable en fin de pose, rebouchez l’objectif avant de
finir la photo.
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Afin d’illustrer
ma méthode, je vais vous l’exposer preuves à l’appui par mon
expérience lors du passage de la comète Hale Bopp. En effet Hale Bopp
fut pour moi une bonne expérimentation en situation réelle sur un objet
intéressant car sans matériel astronomique en 1997 c’est bien avec mon
50mm et mon pied photo ( + téléobjectif de 400 mm gracieusement prêté
) que j’ai immortalisé la Belle. La première
étape fut donc de cerner le point où on discernerait la comète et celui
où les étoiles, non ponctuelles puisque sans suivi, seraient presque
« immobiles ». Ainsi après quelques essais à des temps
différents je suis arrivé à mon temps idéal soit
· 30 secondes de pose avec un 50 mm
· 10 secondes de pose avec un 400 mm
Le temps ayant été trouvé rapidement
c’est ensuite sur la sensibilité du film que le choix s’est orienté,
1600 iso laissait mon ciel trop pâle et une comète anormalement
lumineuse alors que le 400 étouffait tout mon ciel ! Le 800 iso fut
donc ma solution par rapport à cet objet et à ces temps de pose. |
Voici deux exemples illustrant
concrètement ces essais.
La photo HALEBOPP2 a une pose de
2 minutes, les étoiles laissent apparaître des traînées. La photo HALEBOPP3
a quant à elle une pose de 30secondes. |
Viennent
ensuite les clichés, les bons ! Ceux exécutés grâce au « cernage »
du bon temps et au choix de la bon sensibilité de film |
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La photo HALEBOPP1 est réalisée
en 30secondes au 50 mm sans suivi en 800 iso !!
Je l’ai ensuite recadrée et re contrastée, le résultat
surprenant !!
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La photo HALEBOPP400 est prise au
télé de 400 mm en 10secondes toujours sans suivi ! |
Ensuite j’ai
choisi un lieu qui puisse donner à mes photos un caché. Les photos LE MONT1 ET 2 sont
toutes les deux prises en 30secondes, elles sont justes espacées dans le
temps, a premières étant prise à la tombée de la nuit et l’autre la
nuit tombée. |

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Comme on peut
le voir, il y a sous Hale Bopp, le Mont Saint Michel, ce qui donne à la
photo une toute autre dimension. Outre le côté esthétique du cliché,
on peut aussi prendre conscience de la taille apparente de la dite
comète. Pour l’anecdote, c’est de jour et à la boussole que je suis
arrivé sur les lieux, car pour trouver un endroit calme et sans phares d’automobiles
(je vous rappelle que le Mont est un des sites les plus visité en France)
j’ai préféré être en avance; mais quel plaisir, la nuit tombante de
voir apparaître l’astre tant convoité à l’endroit précis où on l’attend.
Après tant de préparation, je dois avouer
que de m’être retrouvé isolé sur les polders de la Baie avec en face
le Mont et la comète pour moi seul restera à jamais une soirée
astronomique formidable. |
Pour conclure je dirais que même si la technologie est extrêmement
intéressante, le fait de faire de l’astronomie simplement revêt pour
moi une importance capitale. Il ne faut pas oublier une chose primordiale, c’est le côté
esthétique, mais aussi toute la poésie qui se dégage de la
contemplation de l’univers qui nous entoure.
L’astronomie est une science certes mais c’est aussi et à mon
humble avis d’abord un état d’esprit.
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AUTRES EXEMPLES DE CLICHES SANS
TÉLESCOPE
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Aurore boréale du 28/11/2003
Objectif de 50 mm sur provia 400 F |
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Éclipse totale de Lune du 09/11/2003
téléobjectif de 180: f 2.8 sur E200 Kodak |
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Photo prise en numérique, rapprochement
Lune-Vénus
le 21 mai 2004, 20H30 TU |
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Éclipse totale de Lune du 04/05/2004
prise de vue numérique, 1 sec |
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2. Sans
télescope mais avec suivi
A
partir de maintenant, pour faire de la photo astro avec suivi
sans forcement avoir de télescope, les choses se compliquent. Il
n'est cependant pas absolument nécessaire d'être équipé comme je
le suis. En effet, il existent des solutions simples et peu
onéreuses de compenser la rotation de notre planète. En premier
lieu , existe la planchette équatoriale que l'on peut se
confectionner à moindres frais. De plus, en cherchant bien, sur
internet, on trouve pleins d'exemples de réalisations dans l'esprit
P Bourge.

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Extrait
du livre "la photographie astronomique
d'amateur" |
P
Bourge, J Dragesco, Y Dargery |
Édition
Paul Montel 1979 |
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Ensuite, il
existe depuis quelques années des montures chinoises ou autres que
l'on trouve sur le marché de l'occasion à des prix où
personnellement je me demande si ça marche! Mais, elles existent et
je connais des personnes qui s'en sortent très bien!!!
Pour en revenir
au sujet de départ, photo sans télescope mais avec suivi signifie
qu'il faut malgré tout, et c'est mieux au moins une petite lunette
pour vérifier que l'on reste bien dans notre champs, surtout si le
temps de pose est long. Bref, une fois que vous avez de quoi suivre
le mouvement des étoiles, un appareil photo et si en plus une
lunette pour vérifier votre suivi.... C'est parti .... Regardez ma
photo de la nébuleuse North America; et bien elle n'est prise
qu'avec un objectif de 85 mm !!! Ca donne envie de tenter non !
En ce qui me concerne, j'utilise la même monture pour la
photo avec ou sans télescope. La seule différence étant que
mon appareil photographique n'est pas couplé à une lunette
ni à un télescope ! Je l'installe en parallèle à l'aide
d'une rotule Manfrotto et me sers d'une lunette pour avoir un
suivi correct.
Comme
pour quand je pratique la photo au télescope, je protège mes
optiques de la buée. Éternel problème en astronomie ! |
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QUELQUES EXEMPLES DE
CLICHES SANS TÉLESCOPE AVEC SUIVI
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voie lactée au 24 mm
7 minutes de poses, deux clichés |
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le 19 Mai 2004 avec un télé de 180
ouvert à f 2.8. ciel noir , léger vent,
12°C. pose est de 5
minutes sur pellicule 400CN kodak, émulsion C41 |
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C/2004
Q2 Machholz |
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Photo prise en
parallèle avec un 350 D canon muni d'un objectif Nikon
180ED ouvert à 4, 1à minutes de poses au total. |
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